• Burning - Lee-Chang Dong (2018)

    Burning - Lee-Chang Dong J'ADORE

    Il y a souvent ce brin de vitalité poétique dans les films coréens impossible à retrouver ailleurs. Ce moment où une attente s'ouvre sur l'expression d'une grâce qu'il me semble qu'on a oublié depuis longtemps en Occident. Quelque chose qui semble relier de manière inconditionnelle la liberté, l'innocence et la beauté.

    Ce film reprend ce constat qui traverse le cinéma coréen depuis les années 60 avec le film culte "La servante" de Kim Ki-Young et son remake "The housemaid" de Im Sang-Soo en 2010. A savoir que notre monde moderne n'offre aucun contentement à personne, puisque les riches souffrent de la vacuité du trop plein de leur existence quand les pauvres souffrent du trop de soumission de leur existence. Dans ces films riches et pauvres se font face dans un même sentiment mélancolique d'insatisfaction systémique.

    Mais dans ces années 2000 ce qui manque sans espoir d'être jamais atteint est de plus en plus mystérieux. Il y a comme un manque fondamental. D'où cette mise en scène intéressante de la banalité de la masturbation masculine telle une énergie qui tourne à vide, comme insatisfaction dans l'autosatisfaction.

    Sans doute que ce qui manque à tous c'est la singularité de chacun. Pour s'intéresser à l'autre, il faut que l'autre puisse être désirable. Mais le monde d'aujourd'hui qui a formatter les objets, la nourriture, les centres villes et l'art contemporain, a finit par uniformiser l'être humain qui n'ose plus déranger, dénoter, surprendre. Alors la sublime jeune fille du film, qui n'est ni du côté des riches ni du côté des pauvres, mais qui malgré elle prend une position mystique, devient comme l'ultime rempart de la beauté et de la spontanéité. Forcément elle est ridicule au milieu des jeunes filles riches et mondaines. Et forcément les deux hommes du film en sont amoureux. Pas pour les mêmes raisons : le jeune homme aisé la trouve divertissante du haut de son cynisme ; quand le jeune homme pauvre trouve celle qui ne pose pas de condition pour aimer. Mais au-delà des raisons, ils sont happés par sa grâce infinie. Comme par magie c'est elle qui fait lien entre les deux hommes, entre les deux mondes des riches et des pauvres unit par une fascination commune pour cette jeune fille si vulnérable et singulière. Mais elle est trop lumineuse pour survivre dans ce monde terne, alors elle s'évapore. Et la lutte sans merci des pauvres contre les riches reprend son cours, dans le fond c'est une lutte absurde, mais cela comble le manque... Ce manque brulant qui pousse aux tragédies, comme dans cette issue finale qui se résout par le feu, si radicale ! 

    C'est le plus beau film de l'année ! voir même de ces dernières années.

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