• La bête humaine - Jean Renoir (1938)J'ADORE

    Un chef d’œuvre du cinéma français adapté du roman éponyme d'Emile Zola, avec le jeune Jean Gabin qui mèle à la fois  force et délicatesse dans une alchimie de jeu qui semble être le secret du charisme au cinéma. Avec la mise en scène d'une puissante locomotive à charbon comme métaphore de l'esprit torturé de Lantier, cette bête humaine, doté d'une mécanique complexe qui le pousse implacablement vers son destin de criminel.

     

    Mais sans le départir de son humanité, qui réside dans la terrible souffrance qu'il y a à naitre du côté de ceux qui ne peuvent pas échapper à leurs pulsions destructrices.  Ce qui n'est pas si rare... Ce qui n'est pas sans rappeler le film de Fritz Lang "M le Maudit" (1931) qui donne aussi la parole à celui qui ne peut pas vivre sans tuer...

     

    Renoir démarre son film par cet extrait du roman : "A certaines heures, il la sentait bien cette fêlure héréditaire. Et il en venait à penser qu'il payait pour les autres... les pères, les grands-pères qui avaient bu... les générations d'ivrognes dont il était le sang gâté. Son crâne éclatait sous l'effort, dans cette angoisse d'un homme poussé à des actes où sa volonté n'était pour rien, et dont la cause en lui avait disparu." Emile Zola

     

    C'est aussi ça la valeur du cinéma, nous amener à des sentiments hors du commun : avoir une sincère compassion pour un homme prisonnier de ses pulsions meurtrières, tout en prenant la mesure du drame que sa présence implique pour les autres.

     

    Sublime incipit, avec cette locomotive lancée à toute allure sur des rails desquels elle ne peut pas sortir et prise dans un montage fractionnée de son chemin et de ses rouages mécaniques. Puis Lantier son conducteur, arrive en gare et descends du train pour saluer ses collègues, tout en ayant le visage couvert de la fumée de charbon. Les autres ont un visage blanc normal quand lui a un visage noir couvert de charbon. Il est la déjà bête parmi les hommes !

    La bête humaine - Jean Renoir (1938)

    Et difficile de ne pas dire un mot sur le personnage de Roubaud (superbement interprété par Fernand Ledoux) qui lui ne tue pas par pulsion - mais comme si c'était normal -  par jalousie. Il est l'autre face de l'homme criminel, celui qui croit avoir de bonnes raisons de tuer et qui pense  soutenir par se biais son bonheur avec sa femme. Mais comme Lantier, il n'échappera pas à cette conscience déformée par le crime, qui le prive à tout jamais du goût que peut avoir vie pour les âmes "innocentes".

    La bête humaine - Jean Renoir (1938)

     

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