• Sans doute le film pionnier du mouvement de cinéma guérilla qui réapparait en France après les annees 2000, et dont s'empare une génération HD issues des banlieues populaires. Et la bonne surprise de voir que Jean Pascal Zadi n'est pas tombé dans le piège de copier les films de la blaxploitation, ou de faire un film hip-hop bling bling. Au contraire, c'est un film humble, qui repose sur l'atmosphere particuliere des cités en France, et sur laquelle Zadi pose un regard singulier.

    Excellente bande son hip-hop, chargée de prose politique et evocatrice de la lutte des classes qui se jouent encore en France et qui ne s'exprime pas ailleurs. Et finalement qui se retrouve dans ce film qui fait d'un jeune "bledard", fraichement venu du Senegal, une sorte de anti héro du film de ganster. Il passe du smic horaire a 8€ pour faire la plonge dans un restaurant a 8000€ par jour quand il se laisse entrainer dans les intrigues liée au trafic de drogue de son cousin. Il est souvent silencieux, et pris pour un imbécile par les autres, mais il est plus pragmatique qu'on ne le croit et finalement difficilement impressionable.

    On sent que Zadi ne se prend pas au sérieux et se fait plaisir a inventer des effets de mise en scène et de montage (il aime le rouge). Ce qui donne un côté expérimental a ce film et un sentiment de liberté. Avec de jolis plans comme celui de Alpha 5-20 en boubou blanc lors du réglement de compte armé au milieu de la cité. Ou le court moment de torture atténué par une mélodie africaine pleine de sagesse.

    D'accord ca reste un film amateur, avec des fausses notes de jeu, des drole de raccords, une narration difficile a suivre, voir des trous de scénario. Mais c'est un film qui est du côté de l'ethique, du côté de l'Africain, du côté de celui qu'on sous estime parce qu'il est pauvre et etranger.

    Loin de l'iconographie du hip-hop perdu dans l'"ego trip" ces dernieres annees, immitant les américains qui valorisent les grosses berlines, le fric et les pétasses. Ce film urbain de Zadi est simple et sans prétention, soit a contre pieds de ce qu'on aurait pu imaginer d'un gars qui connait les meilleurs rappeurs français.

     

     


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  • Bansky.jpgQuel tour de passe passe vient de nous jouer Bansky ?! Au lieu de nous montrer le Street Art dans ce qu'il peut avoir de véritablement artistique et politique, il dévie la narration de son film vers l'histoire de cet imposteur de Mr Washman. Comme pour dire que pour toutes expressions humaines les simulacres cotoyent l'original sans que beaucoup de personnes ne sachent faire la différence. Et si l'art montre le vrai, la démonstration ne peut que dénoncer le faux.

    Sociologiquement, les sociétés sont tellement assoiffées de nouveautés qu'il semblent suffisant de produire quelque chose à donner à voir pour que cela fasse évènement. 

    Artistiquement, notre quotidien est tellement absurde qu'il devient difficile de discerner ce qui fait sens de ce qui est vide de sens.

    Ethiquement, il y a Bansky qui ne montre pas son visage puisqu'il est au service de son propos et de l'impact que cela peut avoir sur les gens ; et Mr Washman bascule dans l'ego trip quand ses collaborateurs produisent aléatoirement ses oeuvres.

    C'est avec beaucoup de malice que Bansky conserve finalement la préciosité de son art qui réside dans l'éphémère et qui ne sera finalement pas immortalisé par ce film. Car qui veut expérimenter le Street Art n'a qu'à être attentif à ce qui dénote, d'un seul coup, dans son parcours urbain...

    Fiche :

    Date de sortie cinéma : 15 décembre 2010 

    Réalisé par Banksy 
    Avec Rhys IfansBanksyThierry Guettaplus 

    Titre original : Exit Through the Gift Shop 
    Long-métrage américain , britannique . Genre : Documentaire 
    Durée : 01h26min Année de production : 2010 
    Distributeur : Le Pacte 

    Synopsis : Dans un monde où nous sommes bombardés de messages publicitaires qui envahissent l’espace public, les œuvres de Banksy offrent un regard différent - un regard à la fois drôle et incisif, sans être dogmatique pour autant. Banksy a fini par convaincre l’Anglais moyen que les véritables vandales de notre société sont ceux qui construisent des immeubles plus hideux les uns que les autres et non ceux qui dessinent sur leurs murs.


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  • Vénus noireAutant les deux précédents films de Kechiche : "L'esquive" et "La graine et le mulet" étaient boulversants, autant celui-ci est un calvaire ! Non pas que ce soit un mauvais film, la réalisation est toujours à la hauteur, mais c'est comme si pour son troisième film, Kechiche se permettait l'audace de régler ses comptes avec les spectateurs et de nous brutaliser pendant presque trois heures !

    J'ai eu un double ressenti, celui de l'horreur du racisme et de l'esclavagisme du passé colonial ; mais aussi celui de l'aliénation du travailleur contemporain qui peut accepter sa soumission en échange d'un salaire. Aussi je pense que ce film est dans la même lignée que beaucoup de ses contemporains "The housemaid" - film sud-coréen de Im Sang-Soo - et "Biutiful" - film espagnol d'Innaritu - qui interrogent le rapport de l'homme au travail salarié : est-ce que l'esclavagisme c'est le fait de travailler sans contre partie financière ou bien le fait d'être humilié dans son travail? La dignité de l'homme a-t-elle un prix ? Non, elle est absolument inestimable.

     

    Fiche :

    Date de sortie cinéma : 27 octobre 2010 

    Réalisé par Abdellatif Kechiche 
    Avec Yahima TorresAndré JacobsOlivier Gourmet,

    Interdit aux moins de 12 ans 
    Long-métrage français . Genre : Drame , Historique 
    Durée : 02h44min Année de production : 2009 
    Distributeur : MK2 Diffusion 

    Synopsis : Paris, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l'Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l'icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d'une ascension dorée...


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  • princesse de montpensierOn s'attendait à un film historique avec une intrigue savante d'une certaine complexité saupoudrée d'une belle histoire d'amour. Que néni ! C'est juste "Les feux de l'amour" dans de beaux paysages et avec de chouettes costumes. Car la princesse de Montpensier est mariée à son cousin: un prince jaloux ; car elle est si belle qu'elle est convoitée de toutes part par d'autres princes et soldats, pendant qu'elle-même est jalouse des prétendantes de son ex-fiancé. Alors que son maître d'une grande sagesse (pauvre Lambert Wilson qui a dû incarner de si mauvais dialogues) tombe aussi sous le charme de la princesse et ne peut s'empêcher de dévoiler ses sentiments. Nous pauvres spectateurs a moitié endormis ne croyons ni aux passions ni a l'histoire ni aux décors. Alors il nous reste juste la contemplation de la merveilleuse Melanie Thierry, pas seulement télégénique mais si vivante et sincère dans chacune de ses répliques qu'elle rayonne dans ce film pompeux et superficiel. Quel dommage qu'un grand réalisateur comme Tavernier ésthetise et donne a voir tant de médiocrité sentimental, digne de l'émission pathétique de TF1 "confession intime ; alors que l'amour noble devrait justement s'éloigner du primaire désir d'emprise sur l'autre.

     

    Fiche :

    Date de sortie cinéma : 3 novembre 2010 

    Réalisé par Bertrand Tavernier 
    Avec Mélanie ThierryLambert WilsonGrégoire Leprince-Ringuet

    Long-métrage français . Genre : Historique , Drame , Romance 
    Durée : 02h19min Année de production : 2010 
    Distributeur : StudioCanal 

    Synopsis : 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…
    Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny.
    Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.


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  • des-hommes-et-des-dieux.jpg Magnifique ! Un film qui laisse parler les images et qui montre l'amour qu'on peut avoir pour une terre qui n'est parfois pas celle de nos origines. Apparaît ici la force du spirituel, la force de la foi, qui a le pouvoir de rendre l'homme digne et courageux. Mais cette foi qui est ici religieuse (loin des clichés sordides sur l'église) pourrait être tout autre. On comprend que faire quelque choses qui fait profondément sens pour soi c'est de là que vient notre puissance... jusqu'à même pouvoir affronter la mort.

    C'est aussi une belle rencontre entre la France et l'Algérie, entre la chrétienté et l'islam. Ces noeuds toujours très vivaces aujourd'hui sont sublimés comme pour montrer toute la créativité qu'ils contiennent.

    Enfin, c'est le début d'un travail de mémoire sur ces terribles années 90 où le terrorisme islamiques a sévit en Algérie. Car malgré la noble intention de la concorde civile décrétée par le Président M. Bouteflika, il faudra bien un jour écrire l'Histoire, pour savoir qui tuait qui, et juger les coupables.

     

    Fiche :

    Date de sortie cinéma : 8 septembre 2010 

    Réalisé par Xavier Beauvois 
    Avec Lambert WilsonMichael LonsdaleOlivier Rabourdinplus 

    Long-métrage français . Genre : Drame 
    Durée : 02h00min Année de production : 2010 
    Distributeur : Mars Distribution 

    Synopsis : Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour…

    Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.


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