• stoker.jpgUne esthétique sublime, de la danse de ce trio infernal aux tenues si raffinées de la jeune fille.  Un hommage au cinéma d'Hitchcock. La forme est aussi pure  que les personnalités sont noires. Un film sur le déterminisme implacable de mal au delà des apparences...

     

    Un début poétique de cette jeune femme, jupe flottant dans le vent, qui déclare avoir enfin compris qu'être libre c'est être soi-meme. Injonction qui interpelle tant on espère tous atteindre cette grâce... Sauf qu'ici c'est vers l'acceptation de ses pulsions destructrices que la jeune femme s'envole. Tel un rite initiatique du passage de l'adolescente introvertie à la femme désirante.
     
    Le père meurt, l'oncle vient consoler la mère et la fille en deuil. Ils sont 3 dans cette grande maison luxueuse. Un triangle qui annonce rivalité et conflit.
     
    Une mère médiocre qui séduit le frère de son défunt mari. Un oncle pervers qui révèle à la fille son propre goût a la transgresserions et du crime. Une analogie entre faire le mal et la décourverte de la jouissance sexuelle, comme s'il fallait accepter l'un pour pouvoir acceuillir l'autre. Un plaisir d'être là toujours au détriment d'autrui.
     
    Par delà le bien et le mal, ce film montre avec  un certain mysticisme - et c'est là que Park Chaa-wook se distingue d'Hitchcock qui aurait sans doute des personnalités plus stéréotipées -  les rouages de l'avenenant de personnalités perverses. Selon le parti pris que cela serait déterminé depuis la tendre enfance. Lacanien, certes, mais tellement pessimiste sur la nature humaine... Puisque qu'aucune figure positive ou capable de résistance n'apparaît dans cette histoire.
     
    Cela peut faire échos à Orange Mécanique de Kubrick où le héros sans aucune morale se livrait a toutes ses pulsions nocives mais contre une société qui tente à tout prix de le réfréner.
    Ou bien rappelle le déterminisme de la paranoïa destructrice qui s'abat implacablement  chez le protagoniste de Take Shelter - Jeff Nichols (2012) . Mais ce dernier tente de comprendre et de se batttre.
     
    Je déplore que Stocker explore la perversité pour elle même, sans contre-point ni opposition. Et qu'il fasse une analogie risquée entre le plaisir sexuelle de la femme et sa capacité à détruire. Même si point d'un point de vue formel ce film est parfait !
     

     

    Fiche :

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • a-la-merveille.jpgLe titre "A la merveille" est loin de ce que j'ai ressenti de ce film, qui aborde selon moi un des thèmes les plus tristes et sourds qui soit: comment être seuls à deux. Difficile d'oser critiquer ce grand cinéaste qu'est Terrence Malick, mais le choix des situations et des dialogues intérpèlent...

     

    Les premiers plans du films montrent deux amoureux qui se baladent à Paris ou en bord de mer, échangeant des gestes et mots doux à la limite du ridicule. C'était tellement incroyable pour moi de penser que j'assistais à du Terrence Malick que j'ai cru que c'était un court-métrage français d'avant la projection. Je dis même à une amie qui arrive en retard "Pas de soucis le film n'a pas commencé, c'est un court-métrage ennuyeux qui va bientôt se terminé". Puis je réalise que le hasard d'avoir Ben Affleck dans le deux histoires est tout de même étrange...

     

    L'ennuie n'est pas passé j'avoue. Même si j'aime bien le côté abstrait de ce genre de film qui laisse libre court à toutes nos interprétations. Mais la grâce de  The tree of life - Terrence Malick (2011) n'est pas présente ici.

     

    Les figures masculines et féminines sont si radicales. L'homme fort et muet qui est asséché sentimentalement. La femme qui est la nature, gambade avec vitalité dans les près. Elle est pleine d'un amour que l'homme est incapable d'acceuillir.

     

    Les mots bibliques semblent louer l'amour vers quoi il faudrait tendre à tout prix. Pourtant la femme touchée par cette grâce de savoir aimer est quand même à genoux devant l'homme, sans qui elle est réduite à néant.

     

    Est tout de même réussi cette ambiance de couple raté. Qui malgré le glamour apparent n'a pas d'autres échanges que celui des corps. Ils paraissent être implacablement étrangers l'un à l'autre.  Mais alors se dégage de cette atmosphère le sentiment qu'il y a un désespoir infini à se sentir seul à deux. C'est si pessimiste, peut-être si contemporain...

     

    Fiche :

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • No.jpg"NO", du réalisateur chilien Pablo Larrain, promettait d'être un film passionnant, abordant les collusions pour une fois positive du politique et des médias. Positive dans le sens où la publicité est la figure héroïque qui va destabiliser la dictature d'Augusto Pinochet. Et pourtant, NO ce n'est pas un film passionant!

     

    La réalisation stylisée façon reportage TV des années 80 nous met dans l'ambiance d'une histoire pas si lointaine. Le talentueux Gael Garcia Bernal porte l'intrigue. En dehors de lui les autres acteurs me font l'effet d'un téléfilm. L'ambiance générale est fraiche et le sujet choisi d'une rare richesse. Pourtant ce film dénote sur plusieurs aspects.

     

    Sur le fond, je comprends que la moral de l'histoire est qu'il est possible d'être un résistant sans avoir aucune conscience politique. C'est le cas du héros qui souhaite faire des publicités contre le référendum de Pinochet selon une stratégie des codes publicitaires classiques, avec des messages positifs, et refusant l'autérité de messages qui dénoncent les exations de la dictature. Or ce parti pris n'est pas vraiment crédible. Si le génial publicitaire, René Saavedra, souhaite faire une campagne joyeuse, il travaille aussi en collaboration avec d'autres personnes plus engagées qui amènent cette dimention contestataire dans la campagne pour le NON. Le film fait du publicitaire apolitique le héros de la victoire, alors que rien ne dit que les chiliens n'ont pas avant tout été sensibles au messages qui ont dénoncé Pinochet.

     

    Aussi, les proches de Pinochet sont représentés comme des gouvernants ridicules et déconnectés de leur époque, mais sans rien de si inquiétants. On en oublierait preque que le régime de Pinochet c'est 3200 morts et disparus, et plus de 38 000 torturés !  

     

    Sur la forme, l'intensité du film ne monte pas créscendo mais reste assez plate tout du long. Sans aucun moment vraiment émouvant. Essentiellement parce que le montage trop haché ne laisse pas de place au temps nécessaire au développement d'une émotion.

     

    Il y a aussi pas mal de confusion dans le scénario, on ne comprend pas bien la relation entre René et le responsable de la campagne du OUI, qui est parfois menaçant avec lui et parfois amical. La dernière scène n'est pas clair puisqu'il semble que Réné, après la victoire du NON, retourne travailler pour les anciens du gouvernement ??  D'ailleurs je n'ai jamais vu une salle de spectateurs aussi attentive au générique de fin. Je crois que frustré par cet épilogue étrange, ils attendaient encore une ultime conclusion même après le noir de fin !

     

    Bref, je ne retiendrais qu'une scène très réussie de Gael Garcia Bernal qui dévale en squate board les rues ensoleillées, donnant un sentiment de liberté et de bonheur incroyable. A me vendre le regret de ne pas avoir vécu au Chili dans les années 80...

     

    Fiche :

    Date de sortie 6 mars 2013 (1h 57min

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique