•  J'ADORE

     BUÑUEL APRÈS L’ÂGE D’OR - Salvador Simó (2019)

    Magnifique film d'animation sur mon cinéaste préféré !! L'immense, l'indépassable Luis BUNUEL ! C'est émouvant de voir que je ne suis pas la seule a être fascinée par cet homme et par son cinéma. Enfin un portrait à la hauteur de son imaginaire, que peut-être seul le film d'animation peut toucher du doigt tant il est question d'un délire poétique entre une extrème sensibilité et une très grande puissance formelle.

    Cette histoire raconte comment il a réalisé un de ses 1er films : "Terre sans pain" en 1936. Aussi pour apprécier pleinement ce film d'animation je recommande chaudement de prendre 30 min avant pour regarder ce documentaire assez inoubliable en effet.

      

    Liens youtube  : films en entier

     

    Un chien Andalou (en entier, 1927) : 

    https://www.youtube.com/watch?v=_iLDtD-wr7Q

     

    L'âge d'or  (en entier, 1930) : 

    https://www.youtube.com/watch?v=RDbav8hcl5U

     

    Terre sans pain (en entier, 1933) : 

    https://www.youtube.com/watch?v=QvMxAbO2f9s

     

    Mon commentaire sur "Terre sans pain" 

    http://leilafaitsoncinema.eklablog.com/terre-sans-pain-luis-bunuel-1933-a165093842

     

     

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  • J'AIME BIEN

    Douleur et gloire - Pedro Almodovar (2019)Bonne surprise ! Je m'étais juré de ne plus aller voir de film d'Almodovar après La mauvaise éducation (2004) qui traitait du thème sensible de la pédophilie un peu trop à la louche, et surtout Les amants passagers (2013) qui prenait le public pour des idiots. Mais enfin, Almodovar cesse d'osciller entre pitreries et mélodrames faciles pour prendre au sérieux la question d'un artiste qui vieilli, d'autant plus qu'il s'agit d'exposer sa propre autobiographie.

    Palme d'Or bien méritée pour Antonio Banderas qui, départi de toute la séduction dont il capable semble accepter une image diminuée de lui-même sans lutter. Il joue alors le rôle de Pedro Almodovar avec beaucoup de calme et de sagesse, tout en montrant qu'il est lui-même concerné de près par le thème du film.

    Dommage que Pedro n'ait jamais eu de Palme d'Or. Il est sans doute un des cinéastes les plus importants de ces 50 dernières années, parce qu'il a traité la question l'identité sexuelle avant tout le monde. Parce qu'il a porté un regard différent sur ceux qui étaient marginalisés à cause de leur choix sexuels alternatifs. Il les a regarder avec tendresse, il les a rendu  beaux et a participé ainsi à faire évoluer les mentalités et l'ordre sociétal dans lequel nous sommes aujourd'hui.

    Pour ce qui est de cette autobiographie filmique, c'est un exercice difficile tant il n'est pas évident de trouver la juste distance quand on parle de soi. Surtout pour un artiste, il y a tant de pièges à éviter : l'enflure narcissique, s'apitoyer sur son sort, se flatter autant que s'auto-flageller serait gênant. Alors Almodovar choisit de se raconter au travers des amours entremêlés des angoisses qui ont jalonnées sa vie. C'est ainsi que l'artiste hors-norme revient parmi le commun des mortels: comme beaucoup d'entre nous il est très nostalgique de son enfance, il adore sa mère, il n'a vécu qu'un seul grand amour réciproque, il traverse de longue période de solitude et lutte contre des obsessions liés au corps. 

    Alors la seule différence entre l'homme commun et l'artiste se joue à cet endroit de l'écriture, et du besoin de restituer les émotions singulières qui le traverse. Avec cette nécessité d'assumer la subjectivité d'un sentiment quand bien même il serait à l'opposé des conventions. Car Almodovar est un anti conformiste depuis l'enfance, et encore dans ce film qu'il fait à 70 ans. C'est moins trash que ses grands films des années 80, mais la singularité est encore là dans l'image : quand un enfant apprend à lire à un homme adulte, quand deux vieux monsieurs s'embrassent avec respect et passion, quand les radiographies techniques du corps ne peuvent rien en dire de ce qu'est la vie.

    Et pour parler de ce qu'il y a chez lui de plus prégnant, à savoir un certain goût pour le mélodrame, il choisi une sacrée mise en abime pour l'illustrer. Asier Etxeandia joue au théâtre le texte écrit par Antonio Banderas qui joue Pedro Almodovar au cinéma. Alors, l'auto biographie aura son moment de pathos au premier degré mais avec le recul de la mise en scène pour dire tout le recul qu'Almodovar a sur ce rapport émotionnel direct qu'il aimait tant avoir avec ses spectateurs. Le film Douleur et gloire  semble dire qu'il doit savoir résister à la faciliter du mélo pour être plus proche de l'intelligence du spectateur. Comme le dit une réplique du film "un bon acteur c'est celui qui sait retenir ses larmes, et non pas celui qui sait pleurer" ! Car la beauté de l'homme a aussi à voir avec tous les efforts dont il est capable pour rester digne... malgré tout. Ce film est un auto-portrait d'Almodovar parfois pathétique certes mais finalement toujours soucieux de préserver sa dignité. Et qu'on soit un artiste reconnu ou non c'est cela qui fait un grand homme.

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  • J'ADORE

    US - Jordan Peele (2019)Jordan Peele a prévu de réaliser cinq films d’horreur sur le thème des tensions raciales aux Etats-Unis. Il a fait un brillant premier film Get Out, qui a eu un immense succès en 2017 ; et revient avec US (titre qu’on peut traduire par Nous ou par United-States). Si Get Out évoquait un retour de l’esprit esclavagiste mis en parallèle avec l’esprit de l’Amérique capitaliste, US va accentuer l’idée que les tensions sociales sont à l'origine des tensions raciales. Nous pouvons encore saluer l’habilité avec laquelle Peele structure son récit pour une parfaite maitrise de son propos politique. La mise en scène repose sur des faces à faces en miroir : une famille afro-américaine parfaite doit faire face à son double obscur : une famille noire pauvre et sauvage. Mais cette famille afro-américaine va aussi devoir affronter une famille de blancs clivée de la même étrange manière : normalité versus monstruosité. Alors tout le monde est concernés! Sorte d'invitation à ce que les noirs et les blancs s'allient pour lutter contre le fléau qui gangrène la société US : le trop grand nombre de laissés-pour-comptes (noirs ou blancs), ceux qui n’arrivent pas à sortir des bas-fonds de la pauvreté et que personne ne veut voir, qui finiront sans doute par resurgir violemment tel un retour du refoulé… Ce second opus confirme de Jordan Peele est avant tout un penseur de la question sociale.

    Déjà dans Get Out il était question de l’âme qui habite les corps. Et à notre époque obsédée par la beauté physique, il est intéressant de montrer que ce sont nos intentions qui remplissent nos visages. Peele nous dit que la beauté est moins liée à une détermination plastique qu’aux pensées qui animent un être. Ici Lupita Nyongo (qui joue la mère de famille noire et son double obscur) peut être aussi resplendissante qu’elle peut être affreuse. La petite fille noire aussi a parfois un visage plein de tendresse, et parfois un air diabolique. Cette mise en scène d’un même acteur qui joue deux personnages différents du film permet de ne pas oublier que lorsque tu appartiens au monde des « beautiful  people » tu n’es jamais si loin de la personne laide que tu aurais pu devenir... et vice versa finalement. C’est la première astuce du film qui a pour fonction d’amener le spectateur à accepter d’être en empathie avec les monstres du film. Parce qu’il en est ainsi, la misère est une monstruosité et Peele prend le parti des déclassés, sans naïveté devant la dépravation dans laquelle ils ont pu sombrer. Tout en nous demandant d’au moins prendre le temps de les regarder comme une composante humaine de la société US. A la question craintive de la mère face à ces envahisseurs : « But who are you? », l'affreuse femme répond : « We are americains ! ».

    La misère est une réalité indicible bien plus cachée qu’on ne le croit. Une véritable détresse qui n’est jamais montrée dans les médias, ni dans aucun programme télé en vrai.  Et souvent, les personnes concernées ne disposent pas de l'agilité du langage pour en parler. Elles se sentent coupables voir honteuses, en tout cas sans mots devant le réel insupportable qu'elle affrontent au quotidien. Chez Peele, les double obscurs ne disposent pas de la parole non plus. Seule l’horrible Lupita réussit à parler d'une voix caverneuse pour émettre quelques mots dans la douleur (la fin du film expliquera pourquoi elle est la seule a savoir parler d'ailleurs). Sans oublier que la belle Lupita allongée sur la plage aux côtés de ses riches amis coupera court à la conversation avec sa voisine, en précisant qu’elle n’aime pas parler !

    Il y aurait tant à dire sur ce film très réussi, mais je voudrais seulement souligner que les basfonds montrés à la fin du film sont surprenants. L’héroïne court après son double obscur pour se retrouver sous terre, mais cet endroit n’est pas comme on aurait pu l’imaginer : sombre et sale. Au contraire, il s’agit d’un endroit parfaitement carrelé, d’un blanc immaculé qui a première vue ressemble aux couloirs du métro. Ou plutôt à l’esthétique des prisons américaines. D’ailleurs les monstres portent tous des combinaisons orange comme l’uniforme des prisonniers américains. Peut-être un rappel de l’unique solution politique mise en place pour lutter contre la pauvreté aux Etats-Unis?

    Enfin, il faut parler de cette fin si inventive. Navrée, mais je vais devoir spoiler l’intrigue parce que peu de gens ont noter l'astuce de cette fin qui renverse tout notre point de vue. Pendant toute l’histoire nous pensions que la douce Lupita a été traumatisée dans son enfance parce qu’elle a croisé son double monstrueux à une fête foraine. Nous pensions que la douce Lupita avait retrouvé la surface et avait pu continuer sa vie privilégiée avec ses parents même si elle développa une personnalité craintive à l’âge adulte. Mais non, à la fin nous découvrons qu’à la fête foraine le monstre a échangé sa place avec la douce petite fille. Donc la petite fille du dessus est resté séquestrée dans les bas-fonds jusqu'à atteindre l'âge adulte. C'est pourquoi elle est la seule des monstres a savoir parler même si cela est déchirant pour elle. C'est pourquoi c'est elle qui organise la révolte des monstres qui remontent chercher leur dû à la surface, en tant que seule misérable qui a avoir déjà goûté un peu l'autre monde. Dès lors, il s'agit de revoir le film avec cette nouvelle conscience : le personnage principale:  la mère craintive, n'est pas cette fille traumatisée dans l'enfance par son double obscur, mais au contraire le monstre des bas-fond qui feint de savoir vivre comme les gens normaux. C'est donc pour cela qu'elle n'a pas l'usage de la parole dans le cabinet du psychiatre avec ses parents après l'aventure de la fête foraine. C'est pour cela qu'elle passe son temps à danser et à lire pour tenter d'entrer dans la civilisation. C'est pour cela que la fausse gentille mère gagne le combat contre la fausse sauvage des bas-fond dans un râle atroce qui souligne qu'elle a de bons restes de son enfance cruelle. C'est aussi pour cela que ses enfants vont savoir se battre avec férocité d'un seul coup dans le film, car finalement seul le père est un vrai mec normal qui à grandi au-dessus, alors le seul de la famille à rester craintif et non combattif tout au long de l'intrigue ! Bref, nous avons deux films en un, car la seconde lecture oblige à s'identifier à la mère en tant qu'originaire des bas-fonds de la misère, et le film se tient ! C'est hitchcockien !

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  • JE DETESTE

    Sibyl - Justine Triet (2019)

    C'est trop laid. 

    C'est mièvre et prétentieux à la fois.

    Les situations sont parachutées, les sentiments trop bidons et les jolies musiques envahissantes ne peuvent rien y changer.

    Comment peut-on être en sélection à Cannes avec un film qui ne monte que des plans épaules sur des plans épaules? C'est saturé de plans serrés sur des personnages trop imposants, sans jamais aucun recul, aucune respiration grâce des vues plus larges. Ce qui traduit parfaitement cette représentation gluante et lourde du désir, qui en reste au niveau d'une possessivité presque matérialiste sans aucune métaphysique. Quelle différence entre ce film et le mauvais feuilleton "les feux de l'amour" ? Brad a un enfant avec Julie mais a couché avec Meganne qui est la meilleure amie de Julie... mais non !

     C'est un film vide de sens, vide d'affect, qui fait des corps de purs objets de figuration sans consistance. Je ne sais pas pourquoi un certain cinéma français ne cesse de se justifier d'être du côté du lien à l'autre, de la tolérance à la faiblesse de l'autre, de l'amitié malgré tout (comme les derniers films de Canet) ; c'est gentil , mais tout en mettant en scène des relations hypocrites et superficielles qui semblent bien moins animées par une profondeur du sentiment que par l'immense crainte d'être insignifiant qui se lit en creux dans ces récits.

    L'autre n'est plus alors qu'un support à une jouissance dernière qui fait tenir puisque la vie n'a plus ni sens ni goût. L'autre est à consommer avec d'autant plus de vigueur que la contemplation n'est plus de ce monde :le narcissisme qui remplit ici l'écran est le même que celui qui s'étale sur les réseaux sociaux et nous fait oublier que nos yeux sont fait pour lire l'ordre sacré des étoiles.

    So cheap ! Vite je rentre chez moi regarder un film de Bunuel pour oublier cette horreur.

     

     

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  • Game of thrones - S8E5 - Les Cloches (2019)

    J'AIME PAS

    Si l'épisode 3 de la saison 8 montrait une guerre des morts contre les vivants, cet épisode 5 montre une guerre entre vivants bien plus terrible encore ! Cette mise en images est une ambitieuse tentative de représentation de la 1ère guerre mondiale (1914-1918) qui fût la première guerre de l'histoire à faire usage d'armes de destruction massive - ici le dragon est la métaphore d'une arme capable de détruire de manière très performante des villes entières et les civils qui s'y trouvent au passage ! Pourtant, cette manière trop lisible, trop narrative de mener le récit implique un échec à restituer le hors-sens de la guerre. L'écart entre le ton confortable du conte et l'horreur dans l'image créer une ambiguïté de propos : s'agit-il d'une dénonciation des guerres qui produisent des destructions en masse (ce que le XXè et XXIè siècles sont en train de perpétuer compte-tenu des avancées technologiques) ou bien s'agit-il d'une invitation a s'y habituer ? Cette lourde lacune qui consiste à ne pas avoir su mettre en scène le sentiment d'étrangeté et l'angoisse face à l'absurde qui accompagne ce genre de guerres (qui sans doute échappent à la représentation en réalité, à moins du talent de cinéastes comme Kubrick, Coppola, Darabont ou l'immense Michael Cimino avec Voyage au bout de l'enfer) souligne a quel point cette série a beau y mettre les moyens, elle ne peut pas prétendre égaler l'art cinématographique.

    C'est peut-être une limite intrinsèque à la forme de la série qui se veut a priori infinie dans sa durée. Car pour qu'un individu reste planté des heures et des heures devant une centaine d'épisodes, il lui faut retrouver chaque fois un certain confort psychique, afin que tels des enfants, les adultes d'aujourd'hui puissent se faire raconter des histoires interminables avant de dormir... Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? *

     

    Fiche technique :

    Adapté des romans de George R.R Martin

    Réalisation : Miguel Sapochnik

    Production : David Benioff et D.B Weiss

     

    * Les Mille et Une Nuits, conte arabe du Xe siècle, auteur anonyme

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