• Burning - Lee-Chang Dong J'ADORE

    Il y a souvent ce brin de vitalité poétique dans les films coréens, impossible à retrouver ailleurs. Ce moment où un moment de lassitude (et aussi d'ennui du spectateur j'avoue) s'ouvre sur l'expression d'une grâce éveillée qu'il me semble qu'on a oublié depuis longtemps en Occident. Quelque chose qui semble relier de manière inconditionnelle la liberté, l'innocence et la beauté.

    Ce film soulève un constat qui traversait déjà le cinéma coréen des années 60 avec le film culte "La servante" de Kim Ki-Young et son remake "The housemaid" de Im Sang-Soo en 2010. A savoir que notre monde moderne n'offre aucun contentement à personne, puisqu'il les riches souffrent de la vacuité du trop plein de leur existence quand les pauvres souffrent du trop de soumission de leur existence. Dans ces films riches et pauvres se font face dans un même sentiment mélancolique d'insatisfaction systémique.

    Dans ces années 2010 ce qui manque sans espoir d'être jamais atteint est de plus en plus mystérieux. D'où cette mise en scène de la banalité de la masturbation masculine comme énergie qui tourne à vide, comme absence de l'autre, comme insatisfaction dans l'autosatisfaction ! 

    Car ce qu'il manque à tous c'est la singularité de chacun. Pour s'interresser à l'autre, il faut que l'autre puisse être intéressant. Mais le monde d'aujourd'hui qui a formatter  les objets, la nourriture, les centres villes et l'art contemporain sur toute la planete à rendu l'être humain uniformiser et il n'y a plus de surprise dans l'altérité. Seule endroit de contentement possible en réalité.

     

     

     

    mise en scè

     

     

     

     

     Kim Ki-Young 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Spring Breakers - Harmony Korine (2012)J'ADORE

    Comment faire du vrai avec du faux me semble être une des questions centrale du cinéma. Une photo est toujours un mensonge mais un montage d'images peut révéler quelques vérités. Ici avec une esthétique de clip Gansta Rap, on pourrait croire Harmony Korine du côté de l'aliénation capitaliste devant l'obsession du pouvoir, mais il n'en est rien. Car il dénonce au contraire comment la satisfaction des pulsions sans conscience est l'appétence de l'individu sociopathe. Ici derrière leur charmants bikinis rose bonbon se situent deux adolescentes dénuées d'empathie et avides de satisfaire un monstrueux sentiment de toute puissance.

    Dès les premiers plans du film, toute la promesse de jouissance d'un Spring Break (vacances traditionnelles des étudiants américains) nous est dévoilé. Il n'y a pas de mystère, c'est un endroit de défoulement des pulsions sexuelles sans limites, une sorte de communion collective dans le plaisir et l'abandon de soi. Tout est dit, ce n'est pas là le véritable enjeux du film.

    Il s'agit plutôt d'observer pourquoi ce déchainement des pulsions ne peut être que restreint dans le temps, puisqu'il s'agit pour la grande majorité des étudiants de rentrer à la maison - chez leur maman - après quelques jours de plaisir libre. Pourtant nos quatre protagonistes vont rester un peu trop longtemps dans cet espace idéal, hors de toute construction sociétale, dont l'aspect utopique est parfaitement restitué par Korine sous la forme de visuels acidulés et fluorescente, telle une surenchère de la fiction. Ces nanas se font des films, elles délirent, mais le cinéma qu'elles ont intériorisé devient le moteur de leur passages à l'acte dans le réel. En effet, le sociopathe voit le monde comme un film de cinéma, avec la distance de celui qui pense que la souffrance de l'autre n'est que pure fiction !

    C'est en cela qu'Harmony Korine signe un grand film contemporain. La vidéo c'est l'instrument de l'aliénation des masses aujourd'hui, c'est le médias populaire par excellence, celui qui réduit l'être à sa surface aplatit, sans volume, sans profondeur. Pourtant tout en assumant une esthétique presque publicitaire, Korine affirme qu'une apparence glamour, conforme aux canons de l'époque échouera toujours a masquer la noirceur de certaines âmes.

    Comment les rencontrent entre individus se font - jamais par hasard mais par appétence - révèle l'intériorité des êtres. Si elles sont quatre adolescentes au début du trip interdit, une première refuse le miracle trouble de celui qui les libère de prison. Elle sent qu'elle n'est pas à sa place dans ce Spring Break qui s'éternise ("spring break", qui littéralement se traduit par la fin du Printemps, comme peut l'être le passage de l'adolescence à l'âge adulte ou comme métaphore de la fin de l'innocence). Une seconde ado va comprendre qu'elle n'est pas à sa place après avoir reçu une balle dans le bras. La souffrance de son propre corps la ramène à la réalité. Mais les deux dernières blondes vont rester jusqu'à une satisfaction ultime du désir de puissance : le crime (la destruction de l'autre).

    Le récit commence par un sentiment d'impuissance, des filles frustrées qui s'ennuit dans leur banlieue sans vie.

    saute dans l'espace, elles sont du coté de la magie du sur-naturel -> elles refuse l'ordre symbolique qui est la nature de l'humain (c'est cela une sorcière. une réplique au début les désigne déjà comme maléfiques.

    elles sont indistinctes; deux blondes impossible à différencier. La perversité est stéréotypée, elle repose sur des pulsions primitives qui ne permet pas de distinguer une personnalité. La communion des individus dans la jouissance ne constitue pas un salut possible, car il pose le problème de la dépersonnalisation du sujet.

    Au début, lors du casse dans la station service, elles menacent pour de faux avec des pistolets en plastique, puis elles finissent par tuer pour de vrai avec de véritables flingues de gangsters. Entre temps elles ont eu besoin de rejouer la scène comme 

    c'est un film féministe, dans le sens où il réhabilite le féminin qui même - so girly - peut d'être d'une égale cruauté avec le masculin. 

    à compléter/ corriger...

     

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  • Opening night - John Cassavetes (1977)

     

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    Cassevetes nous raconte l'histoire de cette actrice qui n'arrive pas à trouver du sens au texte qu'elle prononce tous les soirs au théâtre. Une pièce dans laquelle elle est la tête d'affiche et qui est très attendue par le tout New-York. Doit-elle suivre le chemin balisé du succès, et répondre aux attentes de l'auteure, du producteur et du public sans se plaindre de l'absurdité qu'elle ressent à jouer ce personnage de femme l'agonie ? Où peut-elle créer une ouverture contre le système qui l'encercle, et qui la contraint à se comporter comme il se doit ?

     

     Dans ce film, Cassavetes met en scène une confusion évidente entre la vie et la scène. Myrthe vit dans un loft immense qui ressemble à la scène du théâtre sur laquelle elle joue le soir. Elle embrasse tous les hommes du projet sur a bouche, comme si ça n'avait pas d'importance comme au cinéma, alors qu'elle a réellement toujours besoin de manifester de l'amour au peu de personnes qui l'entourent. Et sur scène lors des répétitions - ce que Cassavetes arrive a créer de génial - c'est quand on ne sait plus si les réactions de Myrthe sont prévues dans la mise en scène ou non. Après avoir reçu une gifle de la part de l'autre acteur de la pièce,  Myrthe s'effondre au sol en poussant des cris hystériques, et nous spectateurs ne savons plus si elle joue la comédie ou si elle pleure vraiment. Même si, finalement ce serait trop surjoué en réponse à une simple gifle, alors nous comprenons que Myrthe est véritablement en crise sur scène. 

    Opening night - John Cassavetes (1977)

    Le film commence part la mort d'une groupie de 17 ans qui était venue embrasser Myrthe à la sortie du théâtre, et qui se fait renversée par une voiture dans sa précipitation. Cette jeune femme va venir hanter Myrthe, au début avec la tendresse d'une amie pour finir par devenir comme un surmoi féroce qui pousse Myrthe à l'autodestruction. Mais ce qui tue Myrthe (comme nous tous dans la vie) c'est de se laisser enfermer dans un rôle sans jamais avoir son mot à dire. Plus elle va lutter contre cette figure morbide du fantôme de la jeune fille qui ravage ses nuits, plus elle va improviser ses propres dialogues sur scène au théâtre. C'est là sa résistance contre la mort. Contre l'avis des producteurs, contre la volonté de l'auteure du texte, contre son compagnon de jeu, contre sa peur d'échouer face au public, Myrthe va avec brio redonner vie à son rôle. C'est dans l'improvisation réelle - qui se produit dans le film aussi entre Gina Rollands et John Cassavetes - au risque de déplaire, que les acteurs sur la corde, au bord du gouffre du ridicule ou du silence, peuvent remettre de la tension et de la vitalité dans leur jeu. Alors la vie revient sur scène, et l'art peut sortir de l'imposture dans lequel il s'enferme quand il croit devoir tout contrôler. Car par delà le bien et le mal, par delà le beau et le laid, ce qui nourrit la vie c'est de continuer de voir l'élan spontané des hommes irradier une force contre tous les promoteurs d'automates. 

    Comme dans tous les films de Cassavetes, il y a quelque chose d'initiatique, une sorte de message: Il est possible de ne jamais vieillir à condition de ne pas se laisser enfermer dans le rôle que l'on croit devoir jouer. Quelque soit notre personnage social qui se décline au quotidien : chanteur, ingénieur, pompier, mère de famille... attention à ce que les paroles qu'on prononce ne soient pas écrites d'avance. Mettez vos propres mots, vos propres émotions, vos propres sentiments dans tout ce que vous faites, sans quoi il n'est pas possible de se sentir être au monde. Mettez de la subjectivité, du goût, du plaisir singulier même là où le système semble plus puissant que vous. Et à quoi reconnait-on qu'on est enfin libéré du rôle prédéterminé et cloisonnant qui nous tue à petit feu? Quand les autres nous renvoie qu'on les déçoit, quand on ne répond plus à leur attente, alors enfin ça veut dire qu'on est libre ! Et étonnament, comme Gina Rollands dans ce film, c'est quand on ne quémande plus la reconnaissance, qu'on devient vraiment sublime. Elle finit illuminée d'une splendeur qui n'a pas d'âge ni de prix, comme le montre ce dernier plan du film où le rouge de sa robe aussi flamboyant que son humour fait oublier la photo de la vielle femme ridée en gros plan sur le mur.

    Opening night - John Cassavetes (1977)

     

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