• Star Wars, le réveil de la force - J.J. Abrams (2016)

     JE DÉTESTE Star Wars, le réveil de la force - J.J. Abrams (2016)

    Star Wars 7 : combat du bien contre le mal ou miroir des Etats-Unis star des guerres encore et toujours à la recherche de la démonstration de sa puissance ? Un film efficace pour ses effets spéciaux en 3D, mais tellement pauvre sur tous les autres aspects. Et qui finalement dit le contraire de ce qu'il croit montrer. Le film pose la question de comment rester humain dans un monde mécanisé à outrance, et semble répondre que la victoire technologique est plus importante que la mort du père.

     

             Dès les premières séquences, on voit un viel homme qui semble important et sage (les gros plans sur son visage nous donne une proximité avec ses émotions). Il confit la précieuse carte électronique qui indique le lieu où se cache Luc Skywalker à un autre protagoniste. Un plan large montre le sombre méchant Kylo Ren tuer le vieil homme, et sans même qu'un plan ne revienne sur lui, l'action passe déjà à autre chose. Ce vieil homme mort ne mérite pas une seconde à perdre d'attention des spectateurs, dans une indifférence totale seule compte la sauvegarde de la carte électronique.

     

            Au bout de trente minutes, nous avons vu trois fois la même action qui consiste à voir décoller un vaisseau spacial en catastrophe et malgré les tirs ennemis. Le pilote est parfois un homme, parfois une femme, mais toujours si satisfait d'avoir pu faire fonctionner l'engin grâce à sa maitrise de la technologie.

     

    Je passe sur l'héroïne qui ne cesse de réparer des mécaniques diverses et variées (oui les femmes peuvent s'approprier la technologie, merci JJ Abrams !). Je passe sur les dialogues niais et trop succints pour faire sens. Je passe sur les jeux d'acteurs toujours sur un même ton de gravité, avec regards fixes à la pelle. Je passe sur la musique classique omniprésente qui voudrait exprimer une grandeur des sentiments, et qui essaye de porter à elle seule toute l'intensité dramatique du film, en vain.

     

    J'en viens à ce qui m'a particulièrement génée. La mise en scène du fils qui tue littéralement son père. Ce dernier avait promis à la princesse Leia de ramener avec lui leur fils passé du côté obscur de la force. Han Solo va naïvement livrer son coeur à ce fils cruel qui lui tranche la poitrine en deux. Nous voyons quelques pleurs de ses amis. Mais de retour auprès de la mère et la communauté des "gentils" aucune gravité n'accompagne la mort du père, aucune cérémonie en l'hommage de la vie du patriarche. Pas vraiment de temps à perdre pour ce viel homme mort  (même si Harrison Ford est un ancien de la saga), le montage choisit de vite revenir à la prochaine réjouissance : tout le monde est heureux car maintenant la carte électronique est complète !

     

    Tuer le père représente la symbolique de délivrer l'homme de celui qui posait des limites à sa puissance. Ce fantasme oedipien mis en image ici est peut-être le reflet de la mégalomanie américaine, ou du moins des producteurs de ce Star War 7 distribué dans le monde entier à coup de menaces sur les journalistes qui en diraient trop. Même  George Lucas regrette d'avoir céder ses droits à Disney, déclarant : «J'ai vendu Star Wars à des marchands d'esclaves».

     

            En sortant du film, je ne peux pas m'empêcher de penser que le sentiment d'humanité est sacrifié au profit d'une valorisation des outils technologiques dans récit, comme l'art du cinéma est sacrifiée au nom de la performance technique de la réalisation.

     

    Fiche :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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