• Voyoucratie - FGKO pour Fabrice Garçon et Kevin Ossona (2018)

    Voyoucratie - FGKO pour Fabrice Garçon et Kevin Ossona (2018)Voilà du cinéma fait sans argent certes mais aussi sans conscience. Juste des gars qui veulent prendre leur grosses caméras pour faire comme les américains : des films de gangsters. La première scène c'est le début de Menace II society (des frères Hughes) puis la course poursuite sur un son électro c'est Drive de Nicolas Winding Refn, ensuite ça se voudrait être un peu Scorcese, un peu Audiard dans Un prophète... Le désir de faire du cinéma est là, l'énergie aussi, mais aucune mise en scène, aucun scénario, aucune proposition de sens, donc des réalisateurs complètement dépassés par ce qui surgit malgré eux dans cette histoire.

    Dans ce film, je n'ai vu qu'un type qui s'embrouille avec sa meuf, puis qui s'embrouille avec les keufs, puis qui s'embrouille avec ses potes, puis qui s'embrouillent avec la petite mafia de son quartier. Mais toujours la même embrouille a base de "nique ta mère!" "casse toi!" "j'te baise!" mais sans jamais comprendre le fait particulier qui anime chaque conflit.

    Le pire c'est qu'il y a une sorte d'implicite, d'intrigue non dite, comme si le spectateur devait forcement comprendre que tout le monde s'embrouille pour du trafic de drogue. Parce que les trafics de drogue c'est forcement en banlieue, et forcement mené par des arabes (FGKO croyant malheureusement que parce que Scorcese montre la mafia italienne en 1986 aux USA dans Les Affranchis, on peut en France dans en 2018 montrer que les mafieux c'est les arabes!). On sait aujourd'hui que le trafic de drogue en France c'est 200 000 personnes qui génèrent plus d'un milliard de chiffre d'affaire par an, ça aurait été plus intéressant de montrer que la France a aussi des français impliqués dans ces réseaux. La trilogie de clips du groupe de rap PNL, qui met en scène le trafic de drogue dans les cités (façon cinéma de genre aussi) est autrement plus intéressante par le métissage des personnages en présence.

    Finalement nous avons ici l'histoire d'un pauvre type complètement aliéné qui vit de manière pulsionnelle a chaque instant : une meuf passe il veut la violer, un boss lui dit de tuer quelqu'un il y va, son ex sort avec un nouveau gars il le menace, son enfant est quasi à l'abandon il s'en occupe avec tendresse. Un sorte d'être passif et volatile comme le vent, qui fait exactement ce qu'on attend de lui dans chaque situation, sans aucune réflexion personnelle, sans aucun caractère sauf de marquer le coup chaque fois avec un "nique ta mère" (le pendant du fuck à l'américaine).

    Mais là encore l'absence de point de vu sur ce personnage, qui est à la fois stupide et gentil,  place encore en fois le spectateur dans un consensus mou qui est de ne pas pouvoir se positionner et de finalement d'aimer ce type par charité, pauvre victime passive d'un destin déterminé par les autres pour lui.

    C'est un film dans l'air du temps : un fil d'informations sans cohérence, une absence de discernement de valeurs, une absence de conscience politique, de la forme et des postures sans prendre la peine de construire un propos, et croire que le misérabilisme fait humanisme...bref, un film nihiliste.

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