• Raymond Depardon, maître du film documentaire, est connu pour la mise en place de dispositifs minimalistes lui permettant de mettre face à face les institutions et des personnes en marge de la société. Comme dans Faits divers (1983) et dans Délits Flagrants (1994), dans ce film 12 jours  sorti en 2017,  il s'agit à nouveau de montrer le corps judiciaire, mais cette fois-ci dans sa confrontation avec des malades internés sous contrainte en hôpital psychiatrique. Une nouvelle loi de 2013 oblige l’hôpital à présenter les hospitalisés devant un juge des libertés dans les 12 jours qui suivent leur internement, et c'est alors que Depardon saisie ce moment de dialogue entre le psychotique et le juge, entre le borderline et celui qui fixe les limites, entre l'irrationnel et la raison pratique, entre le marginalisé et la République, entre le faible et le fort. Mais y a-t-il un dialogue possible ?

     

     

    Lors de l'entretien, un simple bureau sépare le juge et la personne internée. La caméra se trouve à quelques mètres et à égale distance l'un et de l'autre. Le spectateur n'est ni du côté du juge, ni du côté du malade. Aucun des deux protagonistes n'est plus grand que l'autre dans le cadre. Aucun montage n'avantage l'un sur l'autre dans le temps. Et, avant que toute parole ne soit prononcée, rien dans les visages montrés en gros plan ne permet de distinguer le juge du fou. Deux êtres humains se font face, et vont devoir échanger pour déterminer si cet internement est justifié ou non. Le juge n'est pas psychiatre mais dispose d'un dossier médico-légale, de plus il va écouter un avocat présent pour défendre la volonté du patient, qui souvent demande un retour à la liberté. Tous les hommes et femmes montrés dans le film vont être maintenu en hospitalisation forcée.

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    Le début de chaque entretien est cordial, et le laps de temps d'un échange de paroles banales, le spectateur peut espérer que l'auditionné ne soit pas vraiment malade et qu'il puisse être libéré. Pourtant force est de constater, à mesure que l'entretien évolue que le dialogue devient de plus en plus incongru, parce que le discours du patient dérape vers des représentations imaginaires et douloureuses : une jeune fille se plaint d'être télécommandée à distance par une femme jalouse d'elle ; une autre se sent persécutée dans le cadre de son travail chez Orange ; un homme raconte se préparer pour être le futur président de la République, un autre parle d'armes à feu et de forces terroristes qui l'oppresse. Chaque complainte rappelant des malaises de notre société contemporaine : l'aliénation aux réseaux sociaux, la souffrance au travail, la mort du père, la fabrication du religieux terroriste... Raymond Depardon le souligne lui-même : « en réalisant ce film en marge de notre société, on produit une photographie assez précise des 60 millions de Français. Depuis la marge, on voit bien la société française d’aujourd’hui. En effet, si on récapitule : on a le nom d’un grand opérateur de téléphonie, le mot « kalachnikov », les gardes d’enfant, le suicide, Besancenot... »1.

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    Les malades sont de toutes les origines culturelles, de tous les âges, de toutes les classes sociales. Ils ont en commun une détresse fondamentale qui leur a fait perdre pieds avec la réalité. La folie est sans doute la plus grande des injustices. Pourquoi certains d'entre nous connaitrons la chaleur de l'amour partagé quand d'autres âmes n'auront à vivre que l'errance, la solitude et la souffrance psychique ? C'est une cruauté du réel impossible à comprendre, et c'est pour cela que le cinéma est ici nécessaire pour ajouter des signes au mots. Car ce sont les émotions qui se dessinent peu à peu sur les visages qui permettent d'accompagner le spectateur dans cette confrontation avec le discours psychotique. Bizarrement, ce film révèle que les visages des malades restent figés et assez monocordes finalement quand ce sont les visages des juges qu'on voit se déformer sous le poids de l'empathie qu'ils ressentent pour ceux qui doivent rester enfermés. Les visages des juges, ne sont pas loin du visage du spectateur, qui en tant que témoin de ces drames intimes est chargé d'une infinie tristesse. Parce que ne pas être fou, c'est aussi savoir se laisser traverser par l'autre sans avoir à tout contrôler, se laisser traverser par une simple émotion devant ce qui nécessiterait de trop complexes réflexions.

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    12 jours - Raymond Depardon (2017)

    Pourtant par cette expérience cinématographique, il a été question de regarder ce que personne ne veut voir : l'homme égaré dans une douloureuse folie. Et si le psychotique est criant, certaines violences sociétales sont sourdes, et c'est en cela que Depardon signe un film politique, qui nous indique ce contre quoi nous devrons résister et qui redonne de la valeur au discours des humiliés. Parce que, comme le dit la citation de Foucault qui ouvre le film «  de l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par le fou ».

     

    1 Entretien avec Raymond Depardon, et Claudine Nougaret, propos recueillis par Jonathan Chalier, et Emmanuel Delille, La beauté des Humiliés, Editions Esprit | « Esprit » 2018/1 Janvier-Février | pages 228 à 234

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Critique Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/olivier-beuvelet/blog/021217/homme-fou-homme-vrai-12-jours-de-depardon

    Critique Le Monde : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/11/29/12-jours-une-chambre-d-echo-aux-detresses-contemporaines_5221789_3476.html

    Fiche Technique : 

     


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  • Bienvenue à Suburbicon - George Clooney (2017)J'AIME BIEN

    Surtout pour la clarté du propos politique. Inspiré sans doute par le documentaire de Raoul Peck "I'm not your negro" ou tout au moins par la pensée de James Baldwin. Ici la violence de l'américain WASP est criante avec son évident transfert sur l'afro américain dont il fait le bouc émissaire de tout ce qu'il ne veut pas voir en lui.

    Le film commence comme un épisode de Desperate Housewives, dans une banlieue parfaite avec des habitants très propres sur eux. Les premières images du film glissent d'une brochure marketing vers un environnement humain qui semble y coller trait pour trait. Tout est dit : le grand talent des américains c'est le marketing, cette grande maitrise des apparences pour mieux masquer un certain côté obscur...

    Dans ce début des années 60, pendant que le quartier blanc se révolte injustement contre l'arrivée de la première  famille noire dans cette banlieue bourgeoise ; se joue dans la maison d'à côté une violence intime d'une autre envergure. Ce pauvre garçon qui comprend que son père a tué sa mère handicapée, pour baiser avec sa belle-soeur façon S.M., afin de se procurer l'assurance vie, après avoir pactisé avec la mafia... Avec un père sans âme prêt à tuer son propre fils pour ne pas aller en prison. Clooney et ses potes les Cohen n'y ont pas été avec le dos de la cuillère !!

    Pourtant toutes ces allégories fonctionnent bien sur le plan politique, telle une critique de la société américaine où se joue différentes violences à plusieurs les niveaux : maltraitance des enfants, perversité du marketing, cupidité, corruption, racisme anti noir, et surtout pères défaillants incapables de transmettre des valeurs nobles à la génération qui arrive.

    Une jeunesse de laquelle Clooney attend de la lucidité et suffisamment d'intelligence pour dépasser la barrière créer par l'histoire entre les noirs et les blancs en Amérique. Comme l'illustre le dernier plan du film avec ses 2 enfants traumatisés, l'un noir l'autre blanc,  qui jouent au baseball au travers des barrières construites entre eux par les adultes.

    C'est politiquement engagé, dans le bon sens, mais les scènes sont trop techniques, le style trop lisse, les acteurs trop acteurs pour que la magie du cinéma opère. C'est pas du grand cinéma, mais George Clooney président !

    Fiche technique :

    Producteurs délégués : Barbara A. Hall et Joel Silver

     Distribution :

     


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  • La belle et la meute - Kaouther Ben Hania et J'AIME BIEN, MAIS...

    Après le temps du Jasmin en 2011 qui a fait espérer toute la jeunesse du monde arabe, Ben Hania nous fait déchanter devant une représentation anxiogène de la société tunisienne post-révolution et pourtant toujours lacunaire en terme de droits. Un film assurément féministe mais idéologiquement gênant...

    Une scénographie de théâtre à l'intérieur d'une mise en scène de cinéma est une forme audacieuse et techniquement assez complexe à réaliser. Chaque chapitre est un plan séquence d'environ 10 minutes, avec une succession de mouvements très précis qui rappellent la prouesse d'Hitchcock dans le film "La corde" (puisque lui aussi devait changer de bobine à l'issue de chaque plan séquence de 10 minutes). Une technique au service d'une dénonciation franche du peu de progrès démocratique en Tunisie. Ce pays étant encore sclérosé par la corruption, la tradition, et le poids de l'honneur familiale porté par les femmes. Ce choix de mise en scène théâtrale permet un excès dramatique dans le ton, mais donne aussi une impression de caricature.

    C'est un film de femme qui traite d'une angoisse de femme : la peur des hommes. Soulevant une question qu'on se pose toutes, à savoir comment vivre pleinement sa féminité sans risquer de s'attirer le désir (par nature agressif) des hommes. Comment donner à voir sa beauté sans être accusée d'être une tentatrice. Comment assumer son goût pour les hommes sans se sentir coupable. Cette problématique est universelle, et sans doute d'autant plus aiguë dans un monde arabe où la tradition laisse peu de place au plaisir de jouer avec sa féminité, par conséquent peu de place au plaisir érotique partagé en général, et donc une large tendance à la frustration.

    Mais si on se dit que l'harmonisation des rapports hommes/femmes est un problème d'ordre culturel, qui dépend de ce qui circule dans une société constituée d'hommes et de femmes, on regrette  que les hommes soient à ce point déshumanisés dans cette histoire. S'il est bien sûr légitime de se battre pour que la femme soit mieux protégée par la loi, s'il est bien sûr légitime de mettre en place des contre-pouvoirs pour limiter les abus de la police, il est dommage de comparer les hommes tunisiens à une meute de chiens. Cette analogie trop explicite dans le film me met mal à l'aise...

    La belle et la meute - Kaouther Ben Hania et

    On touche du doigt là où la lutte féministe devient gênante, quand elle diabolise le masculin en général, quand elle le déshumanise comme dans un processus de guerre où l’ennemi n'est qu'un barbare avec lequel tout dialogue devient impossible. Puisque la parole est ce qui fait lien entre les êtres humains, comment progresser culturellement avec une meute de chiens en présence ?

    Le viol à l'origine de ce récit met le spectateur immédiatement du côté de l'héroïne avec l'injonction de rendre impossible toute critique à son encontre. L'indication que ce film est tiré d'une histoire vraie tente de mettre le spectateur dans un état d'empathie plus que certain (je m’interroge de plus en plus sur la disparation de cette phrase au début des film "Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite"). Car si on fait l'exercice de mettre de côté l'histoire vraie d'une femme violée par des policiers - drame qu'on ne peut que condamner avec vigueur - que voit-on dans cette fiction ?

    Une représentation de la femme dans sa continuelle beauté quelques soit les circonstances. Tout au long du film, l'héroïne reste dans sa belle robe de satin bleue glamour telle une actrice de l'âge d'or Hollywood qui sublimerait la laideur du monde environnant. Elle reste dans cette splendeur innocente même dans la salle d'attente des urgences d'un hôpital bondé, ou seule dans les rues la nuit, ou encore lors de sa déclaration de plainte devant de virils policiers. C'est très cinématographique, très joli mais cela soulève une question de l'ordre du pouvoir.

    La belle et la meute - Kaouther Ben Hania

    Car si on se détache de ce qu'il y a de fascinant dans la beauté féminine, si on cesse d'être sous l'emprise de l'attractivité magique du féminin, si on sort du vecteur inconscient qui nous range du côté du beau ; il s'agit de comprendre que la beauté est un pouvoir. La force physique de l'homme est un pouvoir. La beauté de la femme est un pouvoir.  La beauté est une force, et il suffit pour s'en convaincre de voir ce qu'elle est capable de mobiliser comme énergie chez qui veut la posséder (homme ou femme). C'est pour cela qu'elle est première au service du capitalisme pour vendre du savon ou des voitures!

    C'est peut-être pour cela que le Père reste hors champ à la fin du film, quand son arrivée aurait été une sacrée ponctuation ? Le Père aurait pu représenter l'homme juste qui protège (enfin!) en limitant le pouvoir des hommes abusifs. Mais le Père est aussi celui qui doit limiter le pouvoir d'attractivité de sa fille qui ne peut pas se jouer partout (non pas parce qu'elle est coupable d'être belle, mais parce qu'il est naïf de penser que susciter le désir des hommes est sans danger).

    C'est ici que je vois du particulier dans le regard de Ben Hania, sous la forme d'une revendication d'un pouvoir féminin sans limite. L'utopie d'une société où le désir masculin serait sans cesse retenu et sans risque ; pour permettre au plaisir d'être femme de s'exprimer tout le temps. Une sorte de basculement du pouvoir du côté de la femme, libre de manifester sa beauté en permanence sans se soucier du désir qu'elle entraine, et tenant les hommes à distance malgré leur supériorité physique. Une domination comme renversée, certes jouissive pour les femmes sur le plan de la revanche (compte-tenu d'une domination masculine aujourd'hui écrasante pour les femmes du monde entier), mais toujours sans doute insatisfaisante sur le plan érotique, et douloureux pour nos civilisations.

     

    Fiche technique :

    • Titre original : Aala Kaf Ifrit
    • Réalisation : Kaouther Ben Hania
    • Scénario : Kaouther Ben Hania
    • Photographie : Johan Holmquist
    • Montage : Nadia Ben Rachid
    • Musique : Amine Bouhafa
    • Production : Nadim Cheikhrouha
    • Pays d’origine : Tunisie
    • Langue originale : arabe
    • Format : couleur
    • Genre : thriller, drame
    • Durée : 100 minutes
    • Dates de sortie :  France : octobre 2017
    • Budget : 850 000 euros

    Distribution :

     


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  • Good time - Joshe & Ben Safdi (2017) 

    J'ADORE

    Je découvre enfin le cinéma de ces deux jeunes frères SAFDI originaires du Queens et révélés en 2012 au Sundance (festival du cinéma américain indépendant). Voilà du cinéma ancrée dans notre temps ! qui dit quelque chose du cauchemar des sociétés sous surveillance et du caractère héroïque qu'il y a à tenter d'en sortir. Un hymne à la liberté, à l'instinct émancipateur, à l'amour fraternel inconditionnel donc hors la loi. Décliné sous une forme plastique et un dosage colorimétrique très original et toujours fidèles au 35 mn.

    Sans doute que Connie (le beau Robert Pattinson) aime son frère prisonnier d'une maladie mentale : l'autisme comme les frères Safdi aiment une Amérique pas moins touchée mentalement. Je me risque à penser que le personnage émouvant de Nick  (interprété par Ben Safdi him-self), emprisonné dans son autisme, est une  métaphore de la société américaine d'aujourd'hui : enfermée par l'obsession de la surveillance généralisée (Nick a des tendances paranoïaques), violente (Nick se retrouve à l’hôpital après un bagarre pour le contrôle de la télécommande en prison), coupé de l'autre du fait d'un individualisme qui restreint la majorité des personnes à une bulle d'auto-divertissement devant écrans, mais constitué d'êtres touchants, peut-être pas complètement désenchantés? et surtout pris dans des souffrances larvées.

    Alors il s'agit, malgré tout,  de continuer à soutenir le peuple, avec le plus d'énergie possible, une énergie qui prendrait sa source non pas dans l'intelligence ou dans la science (le psychiatre est sans cesse ridiculisé dans film) mais dans l’irrationalité de l'amour seule force motrice à la hauteur du combat à mener... ou avec du bon cinéma populaire tel que le propose Joshe et Benny.

    Quel portrait de la société américaine ! On peut noter que les blancs et les noirs y évoluent dans une égale torpeur, insensibilisés par les téléphones portables hypnotiques, par les programmes TV débiles, par une domestication de l'humain sous la menace permanente du carcéral, et  par les drogues (médicaments inclus) qui semblent la seule alternative populaire pour supporter le monde tel qu'il est.

    Superbe personnage de la jeune afro-américaine de 16 ans (Taliah Webster), fière que son ex soit un dealer, qui fume des spliffs avant de dormir mais qui est habillée comme un enfant en vadrouille à Disneyland. Triste et drôle à la fois !

    Good time - Joshe & Ben Safdi (2017)

    Ou cette quinqua. Corey (Jennifer Jason Leigh) pétrit de chirurgie esthétique qui peut dépanner le beau Connie de 10 000 dollars contre l'illusion d'avoir une relation sentimentale.

    Good time - Joshe & Ben Safdi (2017)

     

    Ou encore Ray (le génial Buddy Duress) qui panique à l'idée de retourner  en prison, et qui traverse toutes ses galères de manière totalement halluciné, sous acide. Tout en sachant que l'acteur sort lui-même de prison pour trafic de stupéfiants quand il commence le tournage de ce film où il donne la réplique à Robert Pattinson (cf. son interview https://www.ssense.com/fr-fr/entrevue/ext-queens-evening-with-actor-buddy-duress)

     

    Good time - Joshe & Ben Safdi (2017)

    Dans l'univers des SAFDI on peut retrouver la cruauté de CRONENBERG, la mise en valeur débordante des acteurs qui rappelle les  frères COHEN, et l'opulence baroque de motifs et d'actions d'un SCORSESE. Avec une bonne pioche pour Robert Pattinson qui me semble entrer pas à pas (à force de bon choix) dans la cours de grands acteurs américains.

    Good time - Joshe & Ben Safdi (2017)

    Un mot sur la bande son electro-rock composée par le musicien américain expérimental Daniel Lopatin (alias Oneohtrix Point Never). Sa partition electro psychédélique et obsessionnelle retranscrit l'état du personnage (Robert Pattinson) dans sa démence, sous l'influence du rock progressif du britannique Steve Hillage, des synthétiseurs analogiques du compositeur japonais Isao Tomita, ou encore du groupe Tangerine Dream. Il compose enfin la chanson finale "The Pure and the Damned" interprétée par Iggy Pop (lequel a écrit les paroles spécifiquement pour le film).

    Good time - Joshe & Ben Safdi (2017)

    "The pure and the damned" (feat. Iggy Pop)

    Love, make me clean
    Love, touch me, cure meThe pure always act from love
    The damned always act from loveEvery day I think about untwisting and untangling these strings I'm in
    And to lead a pure life
    I look ahead at a clear sky
    Ain't gonna get there
    But it's a nice dream, it's a nice dreamDeath, make me brave
    Death, leave me swingingThe pure always act from love
    The damned always act from love
    The truth is an act of love

     

    Fiche technique :

    Producteurs délégués : Jean-Luc De Fanti, Stephanie Meurer et Alexis Varouxakis
    Coproducteur : Brendan McHugh
     France : 25 mai 2017 (Festival de Cannes - sélection officielle)
     États-Unis : 11 août 2017
     France : 13 septembre 2017
    • Interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France

     Distribution :


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  • La Planète des singes : Suprématie - Matt Reeves (2017)J'AIME BIEN

    Après avoir dit beaucoup de mal des blockbusters hollywoodiens - achevée par le lamentable Star War, le réveil de la force l'année dernière - force de constater que l'industrie du cinéma la plus puissante du monde semble avoir entendue mes humbles prières. Assez de recettes scénaristiques vues et revues qui n'ont plus aucun sens, et place aux thématiques politiques assumées.

    Okay Reeves n'y a pas été avec le dos de la cuillère pour s'emparer des crises politiques qui hantent le monde : esclavage, camp de réfugiés, eugénisme, maltraitance des handicapés, réchauffement climatique, extinction d'espèces animales, construction de murs entre les peuples, et guerres de tous contre tous. Sans pouvoir les traiter autrement qu'en surface mais c'est toujours intéressant de faire face à l'image d'une humanité, voir d'une Amérique en particulier, en train de dégénérer.

    Là où le film devient plus philosophique c'est quand il pose la question de savoir où réside notre humanité ? Dans le fait de disposer du langage qui nous distingue des animaux ? La mise en perspective des hommes muets avec ceux qui ont la parole nous dit que non. D'autant plus qu'il est évident que les animaux communiquent avec des sons également. Alors notre humanité reposerait sur nos émotions ou bien sur notre aptitude à la solidarité et au don de soi pour le groupe? Le film montre que les singes ont une sensibilité émotionnelle  et des organisations sociales équivalentes aux nôtres.

    Alors peut-être que finalement il n'y aurait aucune suprématie de l'humain sur l'animal ? D'autant plus que l'homme semble être le seul animal obsédé par la volonté d'une domination sans partage.

    Pour la forme, Matt Reeves a su inventer un univers irréel et fascinant, qui le fait entrer dans la cours des grands metteurs en scène de sciences fictions américains que sont Peter Jackson (Le seigneur des anneaux) et James Cameron (Avatar).

    La Planète des singes : Suprématie - Matt Reeves (2017)

    La Planète des singes : Suprématie - Matt Reeves (2017)

    La Planète des singes : Suprématie - Matt Reeves (2017)

     

     

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